Serge Poliakoff (1900-1969)

Les arts graphiques sont actuellement le parent pauvre des ventes aux enchères à l’hôtel Drouot. Le mieux est de revenir à la belle vente du 22 septembre 2026 évoquée déjà hier de la maison Baron Ribeyre et cette fois à propos d’une oeuvre à la gouache de Serge Poliakoff.

« Pour l’avenir, je mise sur Poliakoff » s’est exclamé un jour Vassily Kandinsky. Ce fut un pari gagnant. L’immigré russe blanc a commencé en jouant de la guitare en France pour gagner sa vie. Les airs de son enfance dorée lui revenaient aisément. Ce folklore slave plaisait dans le Paris des années 20. Et puis il décida de peindre. Forcément le figuratif s’imposa d’abord à lui. Pris en main par les Delaunay, il passa à l’abstraction. Dans les années 50 les expositions particulières se multiplient. Les années 60 voient celui qui est devenu français en 1962, devenir riche.

Entre harmonie des couleurs et emboîtement de formes géométriques un peu aléatoires, le style de Serge Poliakoff est novateur. J’entendais certains, lors de la vente, se rire de sa manière. Mais des robes d’Yves St Laurent s’en inspirèrent. Des décors de tapis aussi. Bref le peintre est l’homme de son temps.

Donc notre tableau (48 x 63 cm) repassait pour la seconde fois en vente car il avait été victime précédemment d’une folle enchère. Son estimation était basse, pas plus de 15 000 €. Le patron de la maison de vente, à coté de moi au fond de la salle- sa fille tenait le marteau- espérait bien qu’une oeuvre aussi dans le style de Serge Poliakoff fisse mieux. J’acquiesçai. Il ne fut pas déçu. Elle fut vendue 41 600 €. Pour une huile sur toile il aurait fallu compter dix fois plus.

Frédéric Le Quer

Les arts graphiques sont actuellement le parent pauvre des ventes aux enchères à l’hôtel Drouot. Le mieux est de revenir à la belle vente du 22 septembre 2026 évoquée déjà hier de la maison Baron Ribeyre et cette fois à propos d’une oeuvre à la gouache de Serge Poliakoff. « Pour l’avenir, je mise sur Poliakoff » s’est exclamé un jour Vassily…

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