Théodore Géricault (1791-1824)
A Drouot, cette semaine, mardi 17 février, une oeuvre d’un grand peintre français assez rare sur le marché, était présentée. Emblème du romantisme au commencement du XIXe siècle, Théodore Géricault puisque c’est de lui qu’il s’agit, mourut à l’age du Christ. Il laissa malgré tout une oeuvre grandiose. Quel français n’a jamais entendu parler du Radeau de la méduse ?
Notre tableau, en une, était un dessin, une aquarelle, plus précisément. Il représentait un des sujets de prédilection du maître, des chevaux. La maison Villemur qui le vendait annonce qu’il aurait été retrouvé dans une cave. Le marché de l’art adore ce genre d’histoire improbable dont la véracité me semble toujours un peu suspecte…
Le rapport de condition révèle un état du dessin « quasi parfait », selon l’expert Patrice Dubois. “Les couleurs ont conservé tout leur éclat et leur fraîcheur”, précise Catherine Villemur, la commissaire priseur. Un petit manque toutefois. Après restauration, la découverte de la signature de Théodore Géricault, à moins que ce ne fut une annotation déclare très prudemment le catalogue, lève le doute sur l’authenticité de l’oeuvre.
Il n’y avait donc plus qu’à faire subir à notre dessin (25,3 x 31,5 cm) le feu des enchères. Et ce fut un feu d’artifice!
Pour l’estimation, on pouvait s’inspirer de la vacation Sotheby’s à Londres de décembre dernier, avec une huile sur toile intitulée « Lionne rôdant », qui s’était vendue 72 687 euros, ou encore d’une Étude pour le Radeau de la méduse vendue 95 650 € chez Bonhams Cornette de Saint Cyr en 2024. Il s’agissait d’huiles sur toile, donc, a priori, une technique plus exigeante que l’aquarelle. L’estimation était logiquement en deçà des deux derniers résultats concernant notre peintre, entre 20 000 et 30 000 €.
Les amateurs de Théodore Géricault ne l’entendirent pas de cette oreille.
A plus de 200 000 € ils étaient encore deux aux téléphones. Un troisième enchérisseur restait tapi, debout au fond de la salle, sans se manifester. Après le renoncement d’un téléphone, l’adversaire crut l’emporter jusqu’à ce que l’individu présent enchérisse enfin. Le combat se déroula à coup de 10 000 € avec cet homme dans la salle qui avait pris tout le monde par surprise. Il était vêtu comme le sont les gens qui ne travaillent pas à Paris, manière sportswear. On ne pouvait pas vraiment le remarquer. Et pourtant c’est lui qui l’emporta à… 496 650 €.
Il alla ensuite voir la comptable à la table, fit son virement et repartit avec son tableau sous le bras. Je présume qu’il prit un taxi…
Frédéric Le Quer
A Drouot, cette semaine, mardi 17 février, une oeuvre d’un grand peintre français assez rare sur le marché, était présentée. Emblème du romantisme au commencement du XIXe siècle, Théodore Géricault puisque c’est de lui qu’il s’agit, mourut à l’age du Christ. Il laissa malgré tout une oeuvre grandiose. Quel français n’a jamais entendu parler du Radeau de la méduse ?…





