Paul Cézanne (1839-1906)
Peu de temps avant que Paul Cézanne ne peigne vers 1877 le portrait d’une jeune paysanne, en une, mis en vente cette semaine à Drouot avec succès, la critique écrivait à propos de l’artiste : » De tous les jurys connus, aucun n’a jamais, même en rêve, entrevu la possibilité d’accepter aucun tableau de ce peintre qui se présentait au Salon, portant lui-même ses toiles sur son dos, comme Jésus Christ sa croix. Un amour trop exclusif du jaune a jusqu’à cette heure compromis l’avenir de M. Cézanne ». D’autres se gaussaient en déclarant : » M. Cézanne n’apparaît plus que comme une espèce de fou agité, en peignant, du delirium tremens ».
Voilà pour les idiots, la très grande majorité. Mais en 1877, le critique d’art Georges Rivière prit le contre-pied de ces basses attaques à l’occasion d’une exposition rue Le Pelletier organisée par les impressionnistes eux-mêmes : « M. Cézanne est dans ses œuvres un grec de la belle époque : ses toiles ont le calme, la sérénité héroïque des peintures et des terres cuites antiques et les ignorants qui rient devant « Les baigneurs », par exemple, me font l’effet de barbares critiquant le Parthenon. M. Cézanne est un peintre et un grand peintre. Ceux qui n’ont jamais tenu une brosse ou un crayon ont dit qu’il ne savait pas dessiner, et ils lui ont reproché des imperfections qui ne sont qu’un raffinement obtenu par une science énorme »
Voilà le contexte historique dans lequel Camille Pissaro acquit cette huile sur toile de Paul Cézanne (46 x 38 cm). La maison Giquello l’a vendue jeudi 11 juin 2026 pour la somme de 1 040 758 €.
Frédéric Le Quer
Peu de temps avant que Paul Cézanne ne peigne vers 1877 le portrait d’une jeune paysanne, en une, mis en vente cette semaine à Drouot avec succès, la critique écrivait à propos de l’artiste : » De tous les jurys connus, aucun n’a jamais, même en rêve, entrevu la possibilité d’accepter aucun tableau de ce peintre qui se présentait au…





