Eugène Berman (1899-1972)

Le très cosmopolite peintre, décorateur et collectionneur américain d’origine russe, Eugène Berman, était représenté, hier, à Drouot, par un lot de deux gouaches consistant en des projets de costumes de théâtre. L’hôtel Drouot est un peu vide actuellement. Les ventes sont peu nombreuses. Leur niveau n’est pas non plus exceptionnel alors que ce serait le moment. ça manque de came comme disent les professionnels. Heureusement qu’il y a le bar climatisé animé par la jeune et jolie Camille!

Mais ne nous égarons pas! La vacation de la maison Daguerre n’avait pas attiré un public très nombreux. Malgré les efforts louables du commissaire priseur, ça roupillait ferme dans la salle quand Eugène Berman vint un peu animé les débats. Notre artiste a appris son métier en Allemagne, en Suisse et en France. A l’académie Ranson, si les professeurs qui l’influencèrent, s’appelaient Maurice Denis ou Edouard Vuillard ou Pierre Bonnard, tous des nabis, son attirance allait vers la période bleue de Picasso et aussi le travail de De Chirico. L’œuvre d’Eugène Berman se caractérisait par des paysages solitaires comportant des éléments sculpturaux et architecturaux, souvent des ruines, rendus de manière néo-classique.

Et puis en 1935, c’est le départ aux Etats-Unis. Ses talents artistiques sont d’abord réclamés pour des couvertures de magazine comme Vogue, Harper’s Bazaar ou Town and Country. Et rapidement ce sera la conception de décors qui lanceront définitivement notre homme et la scénographie de ballets et d’opéras.  Après le suicide de sa femme en 1955, il s’installe à Rome où la princesse Doria-Pamphilj lui fournit un appartement et un atelier dans une aile de son palais. En plus de son travail créatif il constituera une collection archéologique importante à la suite de ses voyages en Egypte et en Libye. Il meurt dans la capitale italienne en 1972.

La paire de dessins (l’un en une, l’autre ci-dessous) avait été modestement estimée entre 400 et 600 euros. Les téléphones et internet ne l’entendirent pas de cette oreille. L’heureux acquéreur de ces projets de costumes, 27 x 19 cm chaque, du mettre sur la table 2 600 €, soit plus de 4 fois l’estimation haute.

Frédéric Le Quer

Le très cosmopolite peintre, décorateur et collectionneur américain d’origine russe, Eugène Berman, était représenté, hier, à Drouot, par un lot de deux gouaches consistant en des projets de costumes de théâtre. L’hôtel Drouot est un peu vide actuellement. Les ventes sont peu nombreuses. Leur niveau n’est pas non plus exceptionnel alors que ce serait le moment. ça manque de came…

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