Au prix du sang
Arnaud Gonzague de La Grille Du Parc franchissait une petite porte sur le coté de l’Elysée. Il était tôt en ce 14 juillet mais le conseiller d’état savait qu’il serait admis dans le bureau du président. Lui et ses collègues venaient servilement d’annuler une décision du tribunal administratif interdisant le QR code pour le défilé.
« On n’est pas là pour se faire engueuler, on est là pour voir le défilé ». La chanson avait été fredonnée quand le juge avait supprimé l’obligation du passe liberticide. En appel, au milieu de la nuit, le président du conseil d’état aux ordres de Macron avait sanctionné la rébellion du petit juge en hurlant « du QR code, vous en boufferez! ». La fête nationale redevenait une fête de caciques adorateurs de Macron. Les soldats paraderaient pour lui et sa bande de privilégiés. Le peuple devait rester devant sa télé.
Arnaud Gonzague de La Grille Du Parc avait compris que le moment était favorable pour intervenir en faveur de son petit fils. Macron ne pourrait rien lui refuser. Son histoire de « liberté au prix du sang » inquiétait le haut fonctionnaire dans la mesure où l’enfant de sa fille avait 23 ans. Après les salutations d’usage, il en vint au fait.
-M le Président, la guerre approche, dirait-on?
-Oui mon cher Arnaud Gonzague, j’espère bien avoir l’occasion de la déclarer avant la fin du quinquennat.
-Très bien, très bien. Excellente initiative. Les russes sont les ennemis de la liberté.
-Vous allez me soutenir. tant mieux, tant mieux. On retardera l’élection présidentielle dans ce cas.
-Absolument. Le conseil d’état est avec vous. Mais, mon petit fils, Jacques André, vient de recevoir ses papiers militaires pour partir à la guerre avant mercredi soir. Il ne veut pas la faire. Et ce n’est pas à des gens de notre qualité de mourir à la guerre.
-Naturellement, Arnaud Gonzague. Il a toujours été dans mon esprit que seule la populace tuerait d’autres pauvres gens. Nous décidons et c’est entre eux qu’ils doivent s’entre-tuer. Votre petit-fils ne peut être un conscrit. Laissons cela aux pauvres!
-Ah! Vous me rassurez. Bon, je prends congé et vais dire à Jacques André de ne pas s’inquiéter. Il reste à la maison!
-Evidemment. A bientôt mon cher Arnaud Gonzague!
-Au revoir, M le Président. Dans quelques semaines nous prolongerons votre mandat.
Emmanuel Macron regarda sortir le conseiller d’état. Il se frotta les mains très satisfait de l’entretien.
Frédéric Le Quer
Arnaud Gonzague de La Grille Du Parc franchissait une petite porte sur le coté de l’Elysée. Il était tôt en ce 14 juillet mais le conseiller d’état savait qu’il serait admis dans le bureau du président. Lui et ses collègues venaient servilement d’annuler une décision du tribunal administratif interdisant le QR code pour le défilé. « On n’est pas là pour…





