
Chantage
Chantage aux russes. Chantage au budget. Chantage au FMI. Les russes seraient une menace existentielle. Effectivement, en 1814, ils sont arrivés dans la capitale et sont vite repartis. Ils nous ont laissé le mot bistrot! Le budget qui a été la grande affaire de l’hiver dernier et revient cet automne. Il a sans surprise été adopté avec un peu de retard en février 2025 à coup de 49.3. Le FMI est une antienne qui date de quelques années. Chante beau merle! Et puis serait-ce si grave d’être pour une fois dirigé par des gens qui ne feront pas de clientélisme ?
A quoi rime toute cette dramatisation ? Pourquoi ne pas laisser aller le cour des choses avec démission du gouvernement, élection législative ou plus logiquement démission du président, élection présidentielle puis élection législative? Les forces économiques françaises après avoir installé Emmanuel Macron à l’Elysée ont parfaitement les moyens de l’en faire partir si elle le veulent.
Les britanniques ont vécu ce genre de tension. Les italiens, je n’en parle même pas. Les belges sont restés sans gouvernement des mois. Bref les exemples sont nombreux.
Mais nous on a un article constitutionnel qui fait jouir le petit dictateur en puissance, Emmanuel Macron. C’est l’article 16 de la constitution. Je le cite ici in extenso.
« Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacé(e)s (à cette époque aussi ils faisaient des fautes d’orthographes) d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel. Il en informe la Nation par un message. Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet. Le Parlement se réunit de plein droit. L’Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels. Après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d’examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. »
L’exécutif cherche les moyens pour utiliser l’article 16 avec un fard, un maquillage de légitimité. La guerre et l’effondrement économique pourraient bien servir à justifier son utilisation. Quelques constitutionnalistes aux ordres se chargeraient d’enrober la chose. Ce serait néanmoins évidemment un coup d’état. Mais convenons que ce président est à moitié fou ! Les citoyens vont devoir se battre contre cet abus de pouvoir qui leur pend au nez et ils n’en ont plus l’habitude…
Frédéric Le Quer
Chantage aux russes. Chantage au budget. Chantage au FMI. Les russes seraient une menace existentielle. Effectivement, en 1814, ils sont arrivés dans la capitale et sont vite repartis. Ils nous ont laissé le mot bistrot! Le budget qui a été la grande affaire de l’hiver dernier et revient cet automne. Il a sans surprise été adopté avec un peu de…