
Théo Tobiasse (1927-1912)
On croyait Théo Tobiasse sur le point d’être oublié 13 ans après sa mort. Comme souvent, le succès connu du vivant de l’artiste ne résiste pas au temps. Les chers disparus quittent à pas feutrés la scène du marché de l’art. Il n’en est rien dans ce cas puisque le tableau de Théo Tobiasse, en une, proposé par la maison Blanchet & associés jeudi 3 avril 2025 à l’hôtel Drouot fit près de six fois son estimation basse.
Il s’agissait ce jour là d’une vente de tableaux modernes – avec quelques céramiques – où il n’y eut pas loin d’un invendu sur deux. Ces ventes pour la classe moyenne supérieure quand la sélection est un peu lâche, deviennent compliquées. La salle n’était pourtant pas vide. Les enchères sont un genre qui intéresse toujours. Même si le commissaire priseur dans ce cas était un peu tristounet – certains mettent de l’ambiance dans leur vacation -, cela reste un spectacle gratuit où parfois pour quelques dizaines d’euros chacun peut se faire plaisir avec un objet inattendu qu’on ne comptait pas acheter!
Mais revenons à Théo Tobiasse! Il peint dans une veine à la fois expressionniste et lyrique des œuvres inspirées souvent par l’ancien testament. Sa culture juive d’Europe centrale transparaît un peu comme pour Chagall même si d’aucuns regardent ses évocations bibliques comme « l’antithèse de la vision du monde » de ce dernier. Concernant le style de Théo Tobiasse, un cerne noir délimite des aplats de couleurs éclatantes avec une spontanéité de la forme qui rappelle la manière de faire des enfants. Ils ont été nombreux les artistes figuratifs à s’essayer à peindre ainsi au XXe siècle. Toute proportion gardée, la phrase de Picasso me vient à l’esprit : « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant ».
Notre tableau intitulé « Le mariage », une petite huile sur toile 20 x 40 cm était estimé entre 600 et 800 €. Les enchérisseurs se le disputèrent jusqu’à 3 456 €.
Frédéric Le Quer
On croyait Théo Tobiasse sur le point d’être oublié 13 ans après sa mort. Comme souvent, le succès connu du vivant de l’artiste ne résiste pas au temps. Les chers disparus quittent à pas feutrés la scène du marché de l’art. Il n’en est rien dans ce cas puisque le tableau de Théo Tobiasse, en une, proposé par la maison…