Les invendus de la collection Gérard Depardieu

La dispersion sur deux jours de la collection Gérard Depardieu par Maître Ader à Drouot fut réussie. A 4 millions d’euros de résultats les prévisions de la maison de vente sont atteintes sans extravagance. Les œuvres étaient sans doute trop élitistes pour attirer ce genre de fans hystériques et richissimes se battant à coup de millions pour acheter le chapeau de leur star préférée. On était avec la collection Gérard Depardieu dans l’entre-soi des collectionneurs avertis.

Il sera plus drôle ici d’égrainer les quelques invendus.

Le premier jour une nature morte, huile sur toile, 28,5 x 45,5 cm, de Louis Marcoussis (1878-1941) ne trouva pas preneur. Je l’ai mise en une parce qu’elle me plait. Mais l’estimation entre 30 et 50 mille euros étaient peut-être un peu ambitieuse, et encore… En deux mots, Louis Marcoussis d’origine polonaise est un représentant de l’école de Paris. Son nom d’artiste lui est donné par Guillaume Apollinaire pour qui il réalisera des eaux fortes concernant le recueil « Alcool ». Il travaille aussi sur différents supports dont le fixé sous verre.

Le deuxième invendu est une sculpture de Germaine Richier (1902-1959), un bronze de 138 cm de hauteur. L’artiste à la renommée internationale fait ses classes chez Antoine Bourdelle puis multipliera tout au long de sa vie les expositions. L’homme qui marche, ci-dessous, était évalué entre 500 et 800 mille euros!

La croix ci-dessous d’Anthony Tapiès (1923-2012) est le dernier invendu de la première journée. Cette gouache et crayon sur carton, 62,5 x 76,5 cm, était estimée entre 20 mille et 30 mille euros. Même si c’était cher, les gens n’ont plus de religion! Quant à Tapiès, l’un des principaux représentants de l’art informel – courant abstrait d’après guerre qui met en avant le geste du peintre, son lyrisme -, il est considéré comme l’un des artistes espagnols les plus en vue du xxe siècle. 

Le lendemain, il y eut d’abord deux acryliques d’Henri Michaux (1899-1984) entre 6 et 8 mille euros, une ci-dessous, qui, dont on ne sait pourquoi alors que les 17 autres œuvres de l’artiste furent bien vendues, ne trouvèrent pas preneur. Henri Michaux écrivain, poète met d’une certaine manière ses travaux graphiques au service de ses écrits. Il aurait pu être dans la Pléiade mais il refusa.

La gouache (28 x 20,5 cm) ci-dessous de Franz West (1947-2012) entre 4 et 6 mille euros resta invendue peut-être à cause du modeste support, une page de magazine. L’artiste autrichien est particulièrement connu pour ses réalisations tridimensionnelles, ses performances et ses affiches.

Le dernier invendu sur les 229 lots à la vente est ce « White Christ », ci-dessous, du photographe Andres Serrano. Il s’agit d’un multiple. C’est l’un des 10 exemplaires réalisés. 101,5 x 70 cm, proposé entre 15 et 20 mille euros. Décidément encore, en effet, il n’y a plus de religion!

Frédéric Le Quer

La dispersion sur deux jours de la collection Gérard Depardieu par Maître Ader à Drouot fut réussie. A 4 millions d’euros de résultats les prévisions de la maison de vente sont atteintes sans extravagance. Les œuvres étaient sans doute trop élitistes pour attirer ce genre de fans hystériques et richissimes se battant à coup de millions pour acheter le chapeau…

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