Marine Le Pen aux journées parlementaires du RN

Les journées parlementaires du Rassemblement National ont donné lieu à un discours de Marine Le Pen. Parce qu’il était assez bref, il était dense et par là intéressant.

Marine Le Pen s’est affranchie hier des questions migratoires et sécuritaires. Son mouvement ne lâche rien mais ce sont les prétendants à sa succession, Jordan Bardella et Louis Alliot, qui s’y sont collés comme une manière de chauffer la salle avant l’entrée en scène de la star. La différence avec Eric Zemmour est criante puisque lui fait de ces sujets son pré carré, elle les snobe un peu sachant qu’il est devenu inutile d’en faire des tonnes. La France entière connait les positions de Rassemblement National sur l’immigration. En en parlant moins, elle lisse son image, elle rend plus attractif son parti à l’ensemble des français, y compris ceux issus de communautés étrangères dont il faudra bien récupérer une partie des voix pour représenter une alternance envisageable.

Le passage sur l’Union Européenne a été un moment de choix. Marine Le Pen a esquissé une union entre des pays à l’avenir souverainiste. Elle s’est félicitée des résultats en Suède, s’est enthousiasmée sur le déroulement de la campagne législative en Italie et a même tenté un parallèle entre la révolte des campagnes aux Pays-Bas qui déborde d’ailleurs sur les villes avec les Gilets Jaunes, y voyant là aussi un sujet d’espérance. Ce focus sur l’international est une manière de prendre de la hauteur, de se rendre présidentiable.

Marine Le Pen a aussi fustigé la représentativité des institutions françaises en se polarisant sur le sénat et le conseil économique social et écologique où son parti n’a pas encore droit de citer. C’est évidemment un scandale démocratique compte tenu de son audience dans l’opinion et cette situation décrédibilise complètement ces assemblées. Il s’agit là aussi d’une question qui permet à la députée de prendre à témoins les élites et d’asseoir son discours sur l’état démocratique de la France.

Enfin Marine Le Pen a bien sûr fait de la politique politicienne ce qui n’a rien de honteux au contraire. Elle a critiqué notre dépendance à la Russie due aux “idiots” qui ont tout misé sur l’éolien et le solaire. Elle a qualifié la réforme des retraites de “provocation antisociale”. Elle a clairement dit que les élus RN à l’assemblée nationale voteront contre le budget. Et, quand même, elle a fustigé l’idée de Macron sur l’immigration rurale en scandant “Ils la choisissent, vous la subirez!”.

Ce moment des journées parlementaires RN place décidément le Rassemblement National comme une alternative crédible même si il faudra bien en passer par une union des droites, Wauquiez, Ciotti, Zemmour, pour prendre le pouvoir.

Frédéric Le Quer

Les journées parlementaires du Rassemblement National ont donné lieu à un discours de Marine Le Pen. Parce qu’il était assez bref, il était dense et par là intéressant. Marine Le Pen s’est affranchie hier des questions migratoires et sécuritaires. Son mouvement ne lâche rien mais ce sont les prétendants à sa succession, Jordan Bardella et Louis Alliot, qui s’y sont…

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