Des paysans

Abbé de Vilecourt : (à propos des paysans de la Dombes) Pauvres gens… Et comme un malheur n’arrive jamais seul, leur simple évocation provoque l’ennui !
Ponceludon de Malavoy : Le problème, monsieur, c’est qu’ils ne nourrissent pas seulement les moustiques, ils nourrissent aussi les aristocrates.

La situation des agriculteurs ce matin fait penser à cet échange du film « Ridicule » de Patrice Leconte. On parle d’eux certes encore. Mais plus exclusivement. Delon et Amélie Oudéa Castéra retrouvent leur distrayant statut. Le vrai tragique ennuie les médias. Les paysans ennuient les médias.

Quant au grand méprisant en chef, il chante « Les Champs Elysées » de Joe Dassin et s’amuse avec des étudiants suédois. C’est le grand retour de « l’homme qui rit dans les cimetières ». Le cimetière remplit aujourd’hui une France où ont disparu ses inventeurs de génie, ses peintres et hommes de lettres bénis des dieux, ses hommes politiques visionnaires. Celui qui s’en délecte est Emmanuel Macron.

Pendant ce temps, les paysans sont sur les routes de France et les autoroutes. Ils viennent de passer la nuit dehors et se réchauffent ce matin autour d’un brasero. Ils croient encore en leur cause. Ils espèrent être pris en considération. Mais le temps passe et le gouvernement joue le pourrissement avec d’autant plus d’aisance que les manifestants sont respectueux, les paysans ne cassent rien dans les « villes de grande solitude ».

Ils ne cassent rien et c’est probablement leur tort. La macronie est un régime de trouillards qui ne comprend que la violence. Les gilets jaunes l’avaient bien sentie. Il faut l’effrayer physiquement, lui foutre les jetons. Elle se sent encore trop bien protégée derrière ses cordons de CRS. Il faut faire plier les flics qui depuis le commencement des années Macron jouent les jaunes, les traîtres de classe pour les quelques miettes que leur balance un pouvoir discrédité qui ne tient que par la force.

Un syndicat comme SGT Police semble prêt à jouer le peuple contre son oppresseur. Mais d’autres continuent à emprisonner d’honnêtes citoyens qui voient se suicider chaque jour deux d’entre eux parce que leur labeur les tue. Les mises en détention provisoire hier pour être entré à Rungis sont une honte pure et simple, dignes d’un Franco, d’un Salazar ou de colonels grecs.

Les paysans français devront-ils compter sur leurs homologues allemands, belges ou espagnols pour obtenir un peu de mieux être? Cette solution est bien piteuse pour un pays qui pendant des siècles a représenté le poumon vert de l’Europe.

Frédéric Le Quer

Abbé de Vilecourt : (à propos des paysans de la Dombes) Pauvres gens… Et comme un malheur n’arrive jamais seul, leur simple évocation provoque l’ennui !Ponceludon de Malavoy : Le problème, monsieur, c’est qu’ils ne nourrissent pas seulement les moustiques, ils nourrissent aussi les aristocrates. La situation des agriculteurs ce matin fait penser à cet échange du film « Ridicule » de Patrice Leconte.…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *