
Pinchus Kremegne (1890-1981)
Deux toiles de Pinchus Kremegne étaient proposées à l’hôtel Drouot le mardi 1er octobre 2024 par la maison de vente aux enchères Gros & Delettrez. La vaccation de bonne tenue n’avait pas rameuté les foules dans la salle. Sur internet en revanche les gens sont maintenant des centaines à suivre en direct et à enchérir. O tempora, o mores, comme on dit dans Astérix!
Mais revenons à Pinchus Kremegne! Kikoine, Soutine et Kremegne se sont connus là-bas, dans les plaines de la grande Russie. Ils rêvaient de Paris, le centre du monde au début du XXe siècle pour tous les jeunes artistes de la planète. Ils étaient juifs tous les trois. Le régime tsariste voulait empêcher leur exil lointain, n’aimant pas voir ses forces vives le quitter. Pinchus Kremegne fut le premier à « s’échapper » en 1912.
Il faut dire qu’à cette époque les rabbins avaient tendance à interdire les représentations matérielles du monde naturel (aniconisme). Mais le père de Pinchus artiste lui-même n’hésita pas à encourager son fils dans sa vocation.
C’est à La Ruche, cité d’artistes dans le 15e arrondissement de Paris, que celui-ci débuta, comme tous les jeunes sans le sou. Il se liera d’amitié avec Chagall, Léger. Modigliani fit son portrait.
Figures, portraits, nus, intérieurs, paysages, paysages aquatiques, vues de villages, natures mortes, Pinchus Kremegne s’attaqua à tous les sujets. D’abord symboliste, il s’inspira ensuite de Van Gogh et de Cézanne avant d’être influencé par Derain et Vlaminck. Petit à petit ses œuvres dans lesquelles seront introduits des éléments expressionnistes, lui assureront sa place dans l’École de Paris parmi les artistes de sa génération.
Pinchus Kremegne exposa principalement dans les Salons parisiens : Salon des Indépendants, en tant que sculpteur (1913), Salon d’Automne, Salon des Tuileries. Il exposa aussi en solo à Paris (régulièrement à partir de 1923), à Londres et à Philadelphie. La Galerie Aittouarès, à Paris, organisa une exposition de toutes ses peintures en 1998.
Quant à nos tableaux présentés à Drouot, ils eurent l’heur de plaire aux collectionneurs; l’école de Paris est très en vogue depuis quelques années. C’est donc ainsi que celui en une, nature morte au bouquet de marguerites, huile sur toile signée en bas à droite, 55,5 x 46,5 cm se négocia à près de 5000 € malgré une estimation entre 600 et 800 €.
Le second, coupe de fruits, huile sur toile signée en bas à gauche, 24 x 33 cm fit 2000 €.

Frédéric Le Quer
Deux toiles de Pinchus Kremegne étaient proposées à l’hôtel Drouot le mardi 1er octobre 2024 par la maison de vente aux enchères Gros & Delettrez. La vaccation de bonne tenue n’avait pas rameuté les foules dans la salle. Sur internet en revanche les gens sont maintenant des centaines à suivre en direct et à enchérir. O tempora, o mores, comme…