Casserole et flûte

-Ah! Une casserole! Va falloir l’enlever, madame!

Le gendarme avait depuis ce matin été briffé par la préfecture. Surtout pas de casserole dans cette petite ville de l’Hérault où le président arrive. Les services de l’Elysée, le préfet, le commandant de gendarmerie et le brigadier. L’information avait suivi tous les échelons. La foultitude des fonctionnaires étaient au taquet. Les casseroles ne passeraient pas.

-Putain, mais c’est dingue! s’exclama la ménagère choquée de voir son instrument de travail ainsi confisqué. Je n’ai pas le droit à ma casserole… Et les boites de conserve?

-Pareil, répond le gendarme intransigeant.

– Montrez-moi l’arrêté préfectoral!

En fait l’arrêté préfectoral ne parlait que de dispositif sonore.

Mais des casseroles passèrent quand même . Et des flûtes aussi. C’est joli le bruit des flûtes, un peu criard, un peu strident, mais c’est joli. Et puis c’est symbolique. De la flûte, ça fait un paquet de temps que nos dirigeants nous en jouent. Mais lorsque c’est le peuple qui en joue, ils n’aiment pas ça, ça les dérange, ça heurte leurs oreilles sensibles à nos dirigeants.

Alors le président, plus buté que jamais, s’exclama tout à coup à la cantonade: « Je ne démissionnerai pas! ».

Heureusement la prévoyance est l’apanage de l’entourage d’Emmanuel Macron. Depuis que le pire est toujours sûr, il défie le sort. Cette fois, pendant la nuit, des travailleurs zélés construisirent en vitesse un village Potemkine. Un vrai faux village. Exactement comme pour le tsar de toutes les Russie au XVIIIe siècle qui ne devait pas voir son peuple mourir de faim.

Pas de steppes glaciales ici mais une charmante rue méridionale sous le soleil du printemps où des pères de famille aiment les selfies avec le petit dernier et le président. Un gigantesque sénégalais en djellaba crevait aussi l’écran. Quelqu’un l’avait positionné là par excès de zèle. Il avait entendu dire que c’était le type d’homme dont raffole le président… Un petit couac. On n’était pas à l’heure de la diversité heureuse. Les images devaient absolument se focaliser sur la France des terroirs. Notre habile président fit semblant de ne pas le voir, mais le regretta…

Bref, la journée du président se termina bien. On allait en faire d’autres des sorties pareilles.

Frédéric Le Quer

-Ah! Une casserole! Va falloir l’enlever, madame! Le gendarme avait depuis ce matin été briffé par la préfecture. Surtout pas de casserole dans cette petite ville de l’Hérault où le président arrive. Les services de l’Elysée, le préfet, le commandant de gendarmerie et le brigadier. L’information avait suivi tous les échelons. La foultitude des fonctionnaires étaient au taquet. Les casseroles…

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