Maurice Denis (1870-1943)

On sent actuellement un léger retour en grâce de la peinture religieuse parmi les amateurs d’art. Il est récent. Il est fragile. Il sonne comme une réaction, réaction à la disparition programmée du catholicisme en France, réaction des fidèles qui signifient qu’ils ne sont pas encore morts, réaction d’une culture qui permit des chefs-d’œuvres inégalés. Au XXe siècle Maurice Denis est emblématique de l’artiste imprégné de foi chrétienne.

Le nabis aux belles icônes crée le mouvement synthétiste lorsqu’il rencontre Édouard Vuillard et Paul Sérusier à l’Académie Julian en 1888. Ce dernier offrira d’ailleurs à Maurice Denis le tableau servant de manifeste au mouvement, “Le talisman” peint sous la conduite de Paul Gauguin. Il le gardera toute sa vie à cause de la leçon sur les couleurs que l’oeuvre véhicule. Maurice Denis est considéré comme le théoricien du mouvement nabis.

Notre artiste deviendra l’un des décorateurs les plus en vogue du début du XXe siècle. De Moscou à Paris, de l’intimité d’intérieurs privés à l’apparat du théâtre des Champs Elysées, ses couleurs nacrées aux tons pastel avec ses formes simplifiées venues du synthétisme le plus pur ne cesseront d’être appréciées tout au long de sa carrière.

A l’hôtel Drouot, le 21 juin 2024, trois œuvres profanes relativement mineures provenant de la famille de l’artiste étaient proposées au public. Celle en une, la plus intéressante, “Le lac d’Annecy”, 1933, une huile sur toile collée sur carton, 27,5 x 42,8 cm, faisait 21 930 €.

Sinon deux portraits peints à la gouache s’offraient aux amateurs. C’était l’occasion pour tout à chacun d’avoir chez soi un Maurice Denis à la provenance familiale impeccable puisque le premier, un portrait de Monsieur Dezy, 31 x 23,5 cm, fit un peu moins de 1100 € et le second, un portrait de Mme Mestchersky ne dépassa pas 258 €. La crise politique connait décidément une résonance sur le marché de l’art!

Frédéric Le Quer

On sent actuellement un léger retour en grâce de la peinture religieuse parmi les amateurs d’art. Il est récent. Il est fragile. Il sonne comme une réaction, réaction à la disparition programmée du catholicisme en France, réaction des fidèles qui signifient qu’ils ne sont pas encore morts, réaction d’une culture qui permit des chefs-d’œuvres inégalés. Au XXe siècle Maurice Denis…

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