De Sandrine Rousseau à Michel Onfray

De Sandrine Rousseau à Michel Onfray la rentrée politique commençait hier à la télévision.

Sandrine Rousseau s’exprimait sur LCI. Sans la moindre profondeur, elle répond aux questions avec aisance et bagout. L’oral lui va bien mais elle reste dans l’écume des choses, dans une espèce de frivolité. Elle pourrait parler de mode, de look, ou de gastronomie (végétarienne bien sûr), il se trouve qu’elle survole l’écologie, le féminisme, le wokisme, le progressisme.

Son manque de fond, son apparente incapacité à analyser la société française même dans un sens avec lequel je ne serais pas d’accord, poussent Sandrine Rousseau, pour compenser, pour revendiquer sa présence sur le scène publique à asséner des propos radicaux qu’elle étaye avec des résultats d’études dont on ne sait d’où ils sortent.

Les cancers colorectaux du mâle blanc mangeant de la viande rouge, les tâches ménagères trop souvent dévolues aux femmes, le wokisme lui faisant considérer le genre en plus du sexe sont jetés dans l’entretien comme des thèmes sociétaux capitaux. Des thèmes de riches, j’imagine…

Puis, venant comme un remord, sentant sa légèreté par rapport aux questions qui se posent à la France, elle propose des solutions draconiennes entrainant un complet changement de société, telle par exemple la sédentarisation des individus pour protéger la planète. Rester chez soi serait l’occasion de s’instruire au lieu de consommer du voyage sans vraiment découvrir quoique ce soit.

Mais sa soudaine sentence qui n’est pas si folle, avec laquelle je ne suis pas en désaccord fondamental, tombe à plat puisque rien précédemment dans sa pensée ne l’étaye sérieusement. Pire son charabia ridiculise l’idée même de la décroissance parce que jamais elle ne va jusqu’au bout d’aucune réflexion véritablement écologique, jamais le problème de la surpopulation mondiale n’est abordé, jamais la question du progrès pour quoi faire, n’effleure ses lèvres.

Sandrine Rousseau représente l’incarnation du produit de consommation jetable, par excellence, le kleenex ou le rasoir qu’on utilise qu’une fois, l’objet qu’on préfère ne pas réparer. C’est l’occidentale évaporée par excellence. Le point effrayant néanmoins, à l’heure du speed dating roi, est sa capacité à tchatcher et emberlificoter les moins exigeants et les plus distraits.

Plus tard dans la journée est apparu l’antonyme de Sandrine Rousseau, Michel Onfray sur Cnews. Evidemment il mérite bien plus que quelques lignes et j’ai déjà été trop long…

Rapidement il a déclaré qu’il proposera une liste pour les prochaines élections européennes résolument pour le frexit, contre l’Union Européenne, en appelant à la rescousse le cas britannique. Son camp proposera aussi un nom pour les prochaines présidentielles. Tout dépendra à l’évidence des européennes, vu qu’il va les attaquer sous un angle compliqué. Mais on sent bien qu’il y a là du fond, une vraie tentative d’enrayer la débâcle française. Tiens, Christine Kelly était à ses universités… populaires ou d’été!

Michel Onfray est une apparition politique qui fait inévitablement penser à celle de Zemmour, en particulier par son aspect souverainiste, en moins clivant sociétalement mais peut-être plus inquiétant pour les élites. Les gens qui aiment la France sont déjà séduits de voir émerger une figure de plus qui osent dire non. Mais n’est-il pas trop tard?

Frédéric Le Quer

De Sandrine Rousseau à Michel Onfray la rentrée politique commençait hier à la télévision. Sandrine Rousseau s’exprimait sur LCI. Sans la moindre profondeur, elle répond aux questions avec aisance et bagout. L’oral lui va bien mais elle reste dans l’écume des choses, dans une espèce de frivolité. Elle pourrait parler de mode, de look, ou de gastronomie (végétarienne bien sûr),…

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