Grand moment de télévision au débat CNews

Si les sempiternels débats épuisent le téléspectateur le mieux disposé, il s’est passé hier sur CNews un grand moment de télévision. Il fallait y être. C’était tard mais c’était bon.

Trois protagonistes servaient la scène. Valérie Hayer, magnifique dans son rôle de victime un peu cruche. Jordan Bardella, dans son rôle de futur président de la république, altier, droit comme un i. Marion Maréchal, très Reconquête, combative, même agressive. Léon Deffontaines, un coco à l’air gentil mais qui porta l’estocade.

Valérie Hayer attaquait Jordan Bardella comme ces médiocres joueurs d’échec qui s’emballent à l’assaut de l’adversaire et se font vite ramasser. La Russie et le prêt d’une banque russe constituaient sans aucune originalité sa rhétorique laborieuse. Même si au RN, ce ne sont pas des débatteurs de premier plan, ils ont fini depuis le temps que ça dure par trouver des ripostes. La sauterie entre Macron et Poutine au fort de Brégançon était l’une d’entre elles. C’était pour Renaissance un coup d’épée dans l’eau. Mais contre-attaquant, Jordan Bardella expliqua que le meilleur acheteur de gaz à l’Azerbaïdjan était la France de Macron depuis l’embargo à l’encontre des russes. Il n’était pourtant plus à prouver que ce pays était l’ennemi du nôtre ( https://politiqart.fr/lazerbaidjan/ ) en déstabilisant actuellement la Nouvelle Calédonie. Les leaders indépendantistes kanaks vont d’ailleurs prendre leurs instruction à Bakou.

Marion Maréchal ayant potassé son sujet à propos de l’Azerbaïdjan intervint alors mettant en cause Rachida Dati. En effet la ministre de la culture est connue depuis 2020 pour sa grande proximité avec l’Etat autoritaire et antidémocratique azerbaïdjanais. Elle a été membre du Conseil d’administration de l’Association des amis de l’Azerbaïdjan, considéré comme le « principal instrument » de la diplomatie du caviar (diplomatie du pot de vin en clair). L’assaut était si spectaculaire que Valérie ne trouva rien de mieux à rétorquer qu’elle n’était pas au courant… Imaginez déjà la scène!

Le troisième acte vit l’apparition de Léon Deffontaines, un petit jeune communiste sorti d’on ne sait où. Il expliqua faussement benoîtement que Renew – nom de Reconquête au parlement européen – avait empêché les sanctions que son groupe proposait à l’encontre de l’Azerbaïdjan. Il témoignait ainsi de la proximité du régime d’Emmanuel Macron avec cet ennemi de la France.

C’en était trop pour Valérie. Elle resta muette comme un carpe. Le réalisateur nous la montra quelques instant plus tard sur un plan de coupe, “échevelée, livide, au milieu des tempêtes”, bouche entrouverte, les yeux hagards. Grand moment de télévision.

Frédéric Le Quer

Si les sempiternels débats épuisent le téléspectateur le mieux disposé, il s’est passé hier sur CNews un grand moment de télévision. Il fallait y être. C’était tard mais c’était bon. Trois protagonistes servaient la scène. Valérie Hayer, magnifique dans son rôle de victime un peu cruche. Jordan Bardella, dans son rôle de futur président de la république, altier, droit comme…

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